Institut Stanislas
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EDITORIAL


Obsèques de Madame Emilie DELLI-ZOTTI

Vendredi 5 février 2010 à 9h30, en la Basilique Notre Dame de la Victoire



Merci à chacune et à chacun d’entre vous pour votre présence recueillie et affectueuse.
Merci également à vous, Don Bruno, ainsi qu’à vos frères de la Communauté Saint Martin.


Notre cœur, et celui des membres de sa famille ici présents, est dans la peine parce que notre très grande amie, Emilie Delli-Zotti, s’en est allée paisiblement avant-hier, mercredi 3 février, après une vie jalonnée de réalisations marquantes, aux côtés de son époux, Pierre Delli-Zotti, dans un premier temps, puis avec l’équipe des responsables de l’Institut Stanislas, au nom desquels je m’exprime ici, pour nous permettre, par une générosité exceptionnelle, de transférer nos unités pédagogiques sur la belle colline du Cerceron.

Avec Gérard PIC, ancien Président de notre Organisme de Gestion et Jean-Claude HENNEQUIN, Trésorier, nous avons expérimenté, de façon directe, ce que la Providence a manifestement accompli pour notre Institut depuis le moment où notre trajectoire de vie a croisé celle d’Emilie Delli-Zotti. Ancien Président de l’œuvre des Apprentis et représentant Monsieur Eric de LA BARRE, Secrétaire Général de l’Enseignement Catholique de France, Monsieur Bernard PINON, qui l’avait également rencontrée, mesure comme nous, la nature tout à fait extra-ordinaire de ce que notre amie a accompli pour les jeunes de notre établissement scolaire. Merci de tout cœur, Cher Monsieur PINON, de nous avoir rejoints aujourd’hui pour partager notre douleur mais aussi notre ardente Espérance dans la Foi.

Merci également :
- Au Père Patrice GUERRE, Curé de Fréjus et Vicaire épiscopal représentant notre Evêque, Monseigneur REY,
- A Madame Josiane CHIODI, Adjointe au Maire de Saint Raphaël, Chargée des services financiers , représentant Georges GINESTA, notre Député-Maire, qui, lui aussi, a tant fait pour notre Institut,
- A L’Association des parents d’élèves de l’Institut,
- A toutes celles et ceux qui, de diverses manières, ont aidé Madame Delli-zotti : Madame Pierrettte MAINDRON, sa Tutrice légale, son médecin, le Docteur COSSERAT, ses infirmières, et tout particulièrement ses assistantes de vie qui l’ont affectueusement accompagnée : Madame Joëlle BALM et Madame Colette FAIVRE.

Comme nous l’avons déjà fait en d’autres circonstances, nous tenons à évoquer très simplement, en ce lieu de vérité et de miséricorde, la façon dont, à l’origine de tous ces événements, Madame DELLI-ZOTTI a pris contact avec notre Institut.
Nous étions au mois d’octobre 1996.
Madame Delli-Zotti m’avait fait parvenir un courrier pour m’informer de son intention de contribuer au développement d’une structure d’éducation. Sa lettre était accompagnée de la copie des courriers qu’elle avait adressés aux maires de Saint Raphaël et de Fréjus en exercice à l’époque. Dans leur réponse, tous deux avaient d’ailleurs mentionné notre établissement, parmi d’autres œuvres éducatives susceptibles de pouvoir bénéficier de son aide.


En fait, c’est quelques mois auparavant, en passant devant le Palais des Congrès, au moment même où nous fêtions le centième anniversaire de notre Institut, le 12 mai 1996, que Madame DELLI-ZOTTI a commencé à s’intéresser particulièrement à notre Institut.
Passant devant le Palais des Congrès, au Port de Santa Lucia, où la cérémonie se déroulait, elle a découvert notre existence. Les jours qui ont suivi, elle a pris attentivement connaissance des articles qui rendaient compte de ce qui fut, il faut l’avouer, une magnifique réussite.


C’est à partir de ce moment-là, comme elle nous l’a maintes fois confié, qu’elle s’est sentie comme attirée par notre œuvre d’éducation, se disant à elle-même, comme une évidence, qu’il ne fallait par chercher dans un projet complexe de création d’une fondation pour les jeunes, ce qui se trouvait finalement sur place à Saint Raphaël.

Puis, elle m’a invité à la rencontrer dans les locaux de l’Avenue de Lattre de Tassigny où se trouve le siège social des entreprises créées et développées par son mari, Pierre Delli-zotti, décédé trop jeune, 7 ans plus tôt, le 16 juillet 1989. Pierre avait constitué, en partant de quasiment rien, un important groupe industriel, de grande renommée, dans l’Est Varois.
Egalement amateur d’art, il savait avec tact et discrétion, faire œuvre de mécène et épauler avec générosité des artistes dont certains lui doivent leur notoriété. Pierre avait été aidé avec dévouement par ses frères dans l’accomplissement de cette œuvre digne d’admiration.


Quand nous l’avons rencontrée en 1996, Madame Delli-Zotti était affrontée à un certain nombre de difficultés dans la gestion des entreprises léguées par son mari. Aussi nous a-t-elle tout naturellement demandé de l’aider dans les diverses responsabilités qui étaient les siennes.
C’est ce que j’ai fait, de façon quotidienne, pendant plusieurs années, notamment avec l’appui de M. PIC et de M. HENNEQUIN, puis dans le cadre plus large du Comité de gestion qu’elle avait voulu constituer avec la présence de sa tutrice légale, son expert-comptable, son avocat et des représentants départementaux et locaux de l’enseignement catholique.


Trois ans plus tard, en 1999, Madame Delli-Zotti a décidé de nous aider de façon considérable en nous faisant un don de 10 millions de nouveaux francs. Cette somme, vous vous en doutez bien, fut décisive pour la réalisation de notre projet de transfert au Cerceron dont le coût total a été de 24 millions de francs (3 700 000 euros).

Comprenez donc bien, Chers élèves délégués qui représentez l’ensemble des élèves de notre Institut, le rôle absolument capital joué par Emilie Delli-Zotti dans le devenir de notre établissement.
Essayez de mesurer l’amour, pour vous, que cela a pu représenter.
N’oubliez jamais la joie qui a toujours été la sienne de regarder vos visages en lisant et relisant, sans se lasser, les brochures annuelles de l’Institut.
Retenez également que Madame Delli-Zotti était une femme de caractère qui attachait beaucoup d’importance au travail, à l’esprit d’entreprise.
Ainsi par exemple, le 3 juin 2003, le délégué du Secrétaire National de l’enseignement catholique de France, lui ayant remis les Palmes Académiques, pour la remercier, au nom du Ministre de l’Education Nationale, de son action en faveur de la formation des jeunes, Madame DELLI-ZOTTI avait tenu des propos très toniques, ponctués parfois d’expressions savoureuses, sur ses motivations et sa joie d’avoir permis aux enfants de se retrouver au Cerceron (je la cite) :

« J’ai voulu donner de la force à l’enseignement catholique, pour qu’il prospère, qu’il ait un avenir prometteur.
Alors que les enfants étaient encaqués dans un boui-boui de rien du tout, ils ont une autre vue sur la vie, sur ce qu’on peut faire dans la vie.
Dans notre société, le travail ne vaut plus rien. On se moque des gens qui travaillent. Tout le monde a envie d’avoir des revenus sans rien faire. On a tué le bonheur de produire et de faire quelque chose de sa vie.
On attend tout de l’Etat. Que ça vous tombe tout rôti sans rien faire. Et moi, je trouve ça déplorable.
Oui,
ajoutait-elle, je suis heureuse de savoir que de nombreux enfants vont aller au Cerceron et qu’ils pourront regarder le ciel, l’espace et ainsi élargir leur esprit, avoir de belles ambitions pour leur vie ».


Puissiez-vous, chers élèves, conserver dans votre intelligence et votre cœur le souvenir de ces paroles, en n’oubliant pas notamment que dans ce cercueil où elle repose, elle tient, pressée contre son cœur, la brochure de notre Institut dans laquelle figurent les photos de classe des 950 élèves de notre établissement.

Avec cette brochure, elle tient dans ses mains un crucifix qu’elle affectionnait particulièrement parce qu’il la renvoyait à la personne si fascinante du Christ que nous évoquions souvent avec elle, M. Hennequin et moi.

Aujourd’hui, il appartient à chacun d’entre nous, à chacun des partenaires de la communauté éducative (Parents, élèves, enseignants, personnels de l’organisme de gestion, bénévoles engagés dans le cadre de la catéchèse, etc.) de se montrer digne de cette confiance et de s’inscrire dans les intentions de Madame DELLI-ZOTTI, avec reconnaissance et fidélité.

Très chère Emilie, nous vous disons notre profonde affection et nous savons, dans la Foi, que vous continuez à demeurer avec nous, selon des modalités mystérieuses, pour prolonger votre bienveillante attention et déployer votre aide généreuse selon vos indéfectibles promesses.
Merci de tout cœur Emilie et « à-Dieu » !.



Pierre BOULE
Chef d’établissement Coordinateur de l’Institut Stanislas


 

 


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